L'exigence de conditions cumulatives
En pratique, les violences conjugales peuvent être physiques, verbales ou psychologiques. Ce qui compte, c'est la réalité des faits, leur contexte au sein du couple ou de l'ancien couple, et les éléments de preuve permettant de les établir. L'intention de l'auteur de l'infraction doit être démontrée ; à défaut, l'infraction pourrait ne pas être retenue.
Le Code pénal réprime plusieurs comportements pouvant s'inscrire dans des violences au sein du couple, par exemple l'administration de substances nuisibles. Les appels téléphoniques malveillants réitérés relèvent, eux, d'une infraction distincte.
La culpabilité du prévenu peut être établie à partir de certificats médicaux, de témoignages, de messages, de photographies ou de constatations policières.
Conséquences juridiques et protection des victimes
La reconnaissance des violences conjugales emporte des conséquences importantes en matière de protection des victimes et d'accès à des droits sociaux.
À côté du volet pénal, il est possible d'obtenir en urgence, sur le plan civil et sur le fondement de l'article 515-9 du Code civil, une ordonnance de protection auprès du juge aux affaires familiales. Elle permet à ce juge de prononcer, dans l'urgence, des mesures provisoires lorsqu'il existe des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission de faits de violence et le danger auquel la victime ou les enfants sont exposés.
Ces deux conditions sont cumulatives et doivent être appréciées souverainement par le juge, sur la base d'éléments produits et débattus contradictoirement.
Rappel : l'ordonnance peut être demandée même sans plainte pénale préalable.
Checklist :
- prouver par tous moyens les violences : certificats médicaux, témoignages, photos,
- faire un dépôt de plainte auprès des autorités compétentes,
- demander une ordonnance de protection.